Jardin de Michel Damblant à Belle-Ile

Une visite de jardin particulière.

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Une visite d’un jardin à Belle-Ile ne ressemble à rien d’autre. D’abord, vous prenez le bateau et pendant la traversée sous le soleil, vous vous éloignez de vos occupations et petits tracas quotidiens. Ensuite, par le cheminement le long du sentier côtier à la découverte de la flore sauvage, vous ne vous occupez plus que de la nature: la mer, le vent, le soleil, le relief découpé sont  un ravissement sans fin. Sous vos pas, avec l’aide de Michel Damblant qui vous guide, vous découvrez des dizaines de plantes, quelquefois minuscules, dont vous demandez le nom avec curiosité. Même si vous avez déjà arpenté les sentiers de Belle-Ile, c’est encore une découverte.2015-05-12_142105

 

Enfin, vous arrivez au jardin de  Michel: le jardin d’Eden du voyageur.

Sur le large chemin qui le borde, vous ne devinez presque rien du jardin. Il est bordé d’une large haie et fermé par un portail en bois à claire-voie. On aperçoit une cabane sur le côté et une longue allée.

2015-05-12_144531Vous entrez. En attendant le groupe qui s’est passablement étiré dans la dernière montée, votre regard est immédiatement dirigé par les dizaines de géraniums de Madère en fleurs qui se sont ressemés çà et là : autour de la cabane, sur les massifs légèrement surélevés par quelques rondins et qui bordent une longue allée au bout de laquelle on aperçoit d’autres constructions en bois.

De petite allées partent de la cabane et c’est une profusion de couleurs. Les arbres et arbustes dissimulent l’ensemble du jardin et vous êtes dans l’impatience de le découvrir.

 

Michel Damblant vous présente son jardin. Il l’a conçu sans plan primitif. Il s’est fixé deux règles: un espace dégagé de pelouse encadré de massifs et pas de massif à couleur unique.

Le climat de Belle-Ile où la température ne descend pas au-dessous de -4°C a permis à Michel de concrétiser une idée : rassembler dans son jardin des plantes venant des cinq zones de végétations du monde.2015-05-12_152403 2015-05-12_150601 2015-05-12_150120(1)

La visite guidée commence. Le groupe emprunte une allée assez étroite. Chacun admire l’ordonnance des plantations qui la bordent de chaque côté. Michel Damblant vous les présente une à une.

Et, c’est là que tout bascule. Comme dans un conte, viennent rejoindre votre groupe des dizaines de personnages évoqués par le maître des lieux : Cook, Bougainville, le père David, Darwin, Linné, Siebold, Thunberg…  explorateurs, médecins, botanistes, qui ont rapporté de leurs lointaines explorations des milliers de plantes.

De chaque plante de son jardin, Michel peut vous raconter les origines, le découvreur, les aléas de son acclimatation. Et vous ne regardez plus les massifs de cistes aux couleurs éclatantes, l’étonnante Rosa chinensis mutabilis qui habille le fond d’un massif, les délicates fleurs des iris, les nénuphars , les Eucalyptus du même œil.

2015-05-12_161619(1) 2015-05-12_161110(1)Le groupe débouche sur l’espace central : une grande pelouse bordée de grands massifs totalement recouverts de végétation. Chaque plante a pu se développer à sa convenance et c’est un festival de couleurs, de formes, de textures .Les Erigérons y côtoient les Halimiocistus, les bruyères voisinent avec les Phormiums, les Seneccio latifolius frôlent les Medicago… Beaucoup de ces plantes évoquent des contrées exotiques et contribuent au dépaysement.

 

Un petit repos s’impose. Il fait chaud! Tout le groupe, assis à l’ombre sur la pelouse, quitte maintenant Belle Ile pour des contrées éloignées en écoutant les histoires des plantes et de ces hommes qui sont partis à l’aventure.

 

Puis, vous continuez la visite, près de la mare, dans d’autres petites allées, une visite riche de nouvelles découvertes de plantes et d’explications sur leur culture, sur la pollinisation de leurs fleurs, sur leur provenance, sur leur généalogie. C’est passionnant.

Et, lorsque la visite se termine, vous quittez ce jardin un peu à regrets, certain que Michel Damblant pourrait vous emmener en voyage pendant encore des heures et des heures.

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Thérèse PERROT  le 22 mai 2015

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