Les cochenilles

 

 Cochenilles sur citronnier 1

En France, on rencontre environ 180 espèces de cochenilles. Certaines d’entre elles, une vingtaine, provoquent des dégâts importants sur les cultures, essentiellement les arbres fruitiers et les plantes d’ornement.

 

Les symptômes observés:

– jaunissement des feuilles,

– chute des feuilles, notamment sur les ficus,

– miellat sur les feuilles ou les pousses suivi de fumagine,

– enduit blanchâtre dans les fentes des écorces,diaspines cochenille à bouclier 1

– dépérissement des jeunes pousses,

A l’observation, on découvre des petites incrustations noires, brunes, rouges ou orangées qui se détachent si on les gratte ou bien des amas blancs floconneux, cireux ou farineux.

 

Description et mode de vie:

On regroupe les cochenilles les plus fréquentes en 3 grandes familles:

  1. Les cochenilles à bouclier appelées diaspines. Elles ont un corps mou qui s’abrite sous le bouclier fabriqué par leurs déjections. Elles sont peu mobiles. Elles mesurent de 1 à 3mm. Les femelles cachent leurs œufs sous leur bouclier. On les trouve sur les arbres fruitiers et sur des plantes tropicales.

 

  1. Les cochenilles à carapace appelées lécanines. Celles-ci ont un corps dur recouvert d’une carapace de cire ou d’une laque protectrice. Elles mesurent de 2 à 4mm. On les trouve sur les arbres fruitiers ou sur les agrumes;

Cochenille pulvinaire 1

  1. Les cochenilles dites pulvinaires ou farineuses. Elles n’ont pas de carapace. Elles mesurent de 2,5 à 4mm. Les femelles secrètent de minuscules filaments blancs cireux.

 

Certaines cochenilles sont inféodées à une plante spécifique: la cochenille rouge du poirier, la noire de l’olivier, la cochenille virgule du pommier, la noire de l’oranger, la pulvinaire de l’hortensia…

Certains arbres ou arbustes sont plus ou moins sensibles aux attaques: agrumes, groseillier, pêcher, prunier, fusain, cornouiller, hortensia, laurier-rose, conifères( if, pin…), passiflore, bouleau, camélia, catalpa, hêtre, orme, rosier, vigne-vierge, weigela…

 

Au jardin, les cochenilles sont de redoutables ravageurs car ce sont des insectes piqueurs-suceurs. Outre le prélèvement de la sève, elles sont aussi un facteur de transmission de virus. De plus, leurs excrétions de miellat provoque le développement de fumagine, champignon responsable d’un déficit de respiration de la plante et de l’action de la photosynthèse. ( Le champignon responsable de la fumagine n’est pas un parasite de la plante. Il suffit de laver les feuilles pour s’en débarrasser )

Les cochenilles sont des insectes à métamorphose incomplète. Cela signifie que chaque larve ressemble à l’adulte et se nourrit de la même manière.

Le mode de vie des différentes cochenilles est assez semblable: Les femelles pondent, soit sous leur carapace soit dans une poche qu’elles transportent, un grand nombre d’œufs qui vont éclore en mai-juin. Les larves étant munies de pattes se dispersent sur la plante. Elles percent ensuite les cellules de la tige ou de la feuille avec leur long rostre, y injectent de la salive par un canal et pompent la sève par un autre. Une fois installées, les larves vont secréter leur cire protectrice et ne bougeront pratiquement plus.

Comme leur protection est coriace, on aboutit sur les plantes infectées à des encroutements importants qui vont amener un dépérissement des rameaux voire de l’arbre.

Si les conditions sont favorables, il peut y avoir plusieurs générations par an.

 

Les moyens de lutte.

Certains oiseaux sont des prédateurs naturels des cochenilles: mésanges, rouge-gorge, pinsons et fauvettes.

Il y a aussi certaines espèces de coccinelles dont une noire à tête jaunâtre qui les mangent et des hyménoptères qui parasitent les larves. Ces moyens de lutte sont utilisés par les professionnels.

Pour le jardinier amateur, il existe plusieurs procédés de lutte biologique:

En période hivernale:

– brosser les branches et les troncs avec une brosse métallique

– déloger les cochenilles avec un jet d’eau puissant

– appliquer un badigeon à base d’argile et de bouse de vache.

En automne si l’infestation est importante:

– un traitement à base d’huile blanche ( paraffine, vaseline, colza)

– un traitement maison fabriqué avec 2 c à soupe de savon noir et 5cl d’alcool à brûler pour 1l d’eau ou bien 2 c à soupe d’huile de colza et 2 c de savon noir pour 1l d’eau.

Ces traitements ont pour but d’asphyxier les cochenilles et leurs larves.

A la fin du printemps et début d’été:

-un traitement à base de savon noir

N’oublions pas qu’avec ces traitements, on détruit aussi les larves et insectes auxiliaires.

 

Cochenilles et fourmis.Image fourmi et cochenille

Les cochenilles de l’espèce diaspines, celles qui bougent le moins, ont développé un partenariat avec les fourmis. Celles-ci se nourrissent de leur miellat et en échange, elles les transportent et les protègent contre certains prédateurs.

 

Le côté utile!

Il ne faut pas omettre de souligner que certaines cochenilles produisent le colorant rouge bien connu ou la laque utilisée en Extrême-Orient et cela depuis plus de 2 000 ans.

 

 

 

 

Thérèse Perrot

5dec 2015

Sources: Le traité Rustica des maladies et parasites disponible à la bibliothèque.

 

 

 

 

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