Musée, sculptures et jardin de Barbara HEPWORTH

 

Saint-Ives – Cornouailles

Samedi 28 mai 2016IMG_1788

 

Nous commençons notre journée par la visite du musée de Barbara HEPWORTH à Saint Ives. Il a été ouvert en 1976 par la famille de la sculptrice, conformément aux souhaits testamentaires de Barbara HEPWORTH.

Il est la propriété et est géré par la Tate depuis 1980

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Barbara HEPWORTH est une sculptrice britannique, née le 10 janvier 1903 à Wakefield dans le Yorkshire de l’Ouest, et décédée le 20 mai 1975 à Saint Ives, en Cornouailles.

 

A seize ans, elle obtint une bourse pour étudier au Leeds College of Art and Design.

Au lieu de faire les deux années obligatoires, elle est autorisée à faire seulement une année de cours, l’année gagnée elle la passa au Royal College of Arts de Londres en 1921, obtenant une bourse accordée seulement aux adultes. En 1924, elle fut finaliste du Prix de Rome. Elle obtint une subvention qui lui permit de voyager en Italie pendant une année avec le sculpteur John SKEAPING. A Florence, ils se marièrent dans le Palazzo Vecchio et se rendirent à Sienne et à Rome où reçut une formation approfondie dans la taille de pierre, formation qui n’était pas dispensée à l’école royale des arts de Londres, seul le modelage était enseigné.

Ce séjour en Italie lui permis de dégager deux idées maîtresses : la lumière et le changement de couleur du marbre travaillé par les mains.

 

Barbara Hepworth tente de se dégager dès 1923 de l’enseignement académique de la sculpture tel qu’il était alors pratiqué en Angleterre. Et c’est dans ce dessein que, comme nombre d’artistes de sa génération, elle procède à des essais de taille directe sur bois et sur pierre, ses matériaux de prédilection, cherchant à retrouver l’unité fondamentale qui avait présidé à l’élaboration des œuvres des primitifs. Ses premières œuvres (des têtes, des masques et des figures) sont réduites à des formes élémentaires, simplifiées à l’extrême et frôlant parfois l’abstraction.

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Elle épousa en 1931, en seconde noce, le peintre Ben NICHOLSON.

Pendant les années 1930 HEPWORTH et NICHOLSON vécurent à Hampstead et devinrent le centre d’un petit groupe d’avant-garde d’artistes vivant à Londres.

En 1931, elle adhère au groupe Seven and Five, se rend à Paris, où elle rencontre PICASSO, BRANCUSI, Jean ARP (peintre, sculpteur, poète et écrivain français), BRAQUE et MONDRIAN ; l’artiste assimile les leçons des grands artistes qu’elle côtoie, et dont l’influence se fait parfois sentir, pour élaborer une œuvre personnelle que domine entièrement l’abstraction, mais l’abstraction, « non pas utilisée en tant que fin en soi, mais en tant que manière de créer une image caractéristique de notre temps ». Qu’elle s’inscrive dans des tendances géométriques ou organiques, suivant les périodes, ou qu’elle concilie les deux, l’œuvre de Barbara HEPWORTH est dominée par la forme libre, à laquelle l’artiste confère au fil des années de nouvelles caractéristiques (La Mère et l’Enfant, 1934 ; Helikon, 1948. Quelques années plus tard, elle fera partie du mouvement Abstraction-Création et participera à Londres à la publication de la revue Circle en compagnie de Naum GABO (architecte et peintre russe).

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Cinq jours avant la déclaration de guerre en 1939, ils décident de quitter Londres et vont s’installer dans le village de pêcheurs de Saint Ives en Cornouailles. Barbara HEPWORTH a fait l’acquisition de Trewyn studio dans le centre du village de pêcheurs Saint-Ives (Cornwall) en septembre 1949.

Lors de l’acquisition de cet endroit, celui-ci était constitué d’un hangar et d’une serre. Des aménagements ont été faits en 1957 pour lui donner son aspect actuel.

Elle a acquis des parcelles supplémentaires : une serre de son voisin sculpteur John MILNE en 1965 et une bande de terre au sommet du jardin en 1973 où elle placé son dernier bronze monumental « conversation avec Magie Stones ».

Elle a initialement utilisé la grande salle supérieure de la maison pour réaliser ses sculptures sur bois et ses peintures. Peu à peu, cette pièce est devenue son espace principal de vie, ainsi que sa chambre à coucher.

 

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Les studios d’artiste semblent restés figés dans leur jus, les outils et blocs de pierre d’origine sont posés comme s’ils venaient d’être utilisés et allaient l’être de nouveau.

La partie supérieure des deux studios en plein air a commencé à être utilisée pour la fabrication des prototypes en plâtre et les enduits. Mais, dès lors que la météo était clémente, elle investissait la cour ; Barbara HEPWORTH privilégiant toujours le travail en extérieur pour la lumière. Le studio inférieur étant réservé au travail de la pierre et du marbre.IMG_1877

Les studios étant de petits espaces, ses prototypes ont toujours été faits à la même échelle.

Ainsi, selon les commandes qui lui étaient faites par la commission de Meridian pour State House, High Holborn de Londres…, elle louait un studio plus grand à proximité.

En 1961, elle eut l’opportunité d’acquérir en face de Trewyn studio le Palais de la Danse, un ancien cinéma et salle de danse. C’est là qu’elle réalisa Winged Figure pour John Lewis et un exemplaire unique pour le siège des Nations Unies à New-York.

Image Fallen (1974) a été la dernière sculpture majeure de Barbara HEPWORTH achevée avant son décès.

Elle devint célèbre au cours de la décennie qui suivit la seconde guerre mondiale. En 1958, elle reçoit la distinction de  Commander of the British Empire et devient administrateur de la Tate Gallery ; le titre de Dame Commander of the British Empire est créé.

Elle est une représentante majeure de la sculpture abstraite de la première partie du XXème siècle. Son art hérite de l’influence de Piet MONDRIAN et réside tout entier dans le jeu entre formes convexes et concaves, dans une constante opposition entre vide et plein[].

C’est une novatrice du modernisme, dont les sculptures sont disséminées dans le monde entier. De ses ateliers de St. Ives, elle a produit plus de 600 œuvres de 1925 jusqu’à sa mort. En 1975 malade, se déplaçant dans un fauteuil roulant, elle mourut au cours d’un incendie provoqué par une cigarette qui mit le feu à ses vêtements.

 

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Marcher dans le jardin de HEPWORTH à Saint Ives nous remplit de plénitude, la paix de l’espace est inexplicable mais intensément puissante. Les contours de chaque pièce sont soigneusement conçus et parfaitement aligné avec ceux du monde naturel. Tout est laissé subtilement discret, avec fluidité, une ambiguïté dans laquelle le spectateur peut s’approprier l’œuvre.

Les arbres, les arbustes, les plantes, les fleurs sont des écrins pour ces œuvres. Spontanément, nous sommes inconsciemment appelés à faire le tour de chaque sculpture et des paysages différents apparaissent, c’est magique et magnifique. La végétation est laissée savamment folle, elle magnifie les œuvres.

 

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Martine Aubry

28 mai 2016

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