Le mildiou et l’oïdium.

début d'oïdium

Ce sont des maladies cryptogamiques dont le développement est causé par des excès d’humidité conjugués à de la chaleur.

Le mildiou.

C’est la plus redoutable de ces 2 maladies qui atteint, au potager, surtout les tomates et les pommes de terre et qui peut les faire disparaître en moins d’une semaine:

Les responsables sont des parasites microscopiques classés parmi les Oomycètes qui sont semblables à des champignons ( mycélium, spores..).Mildiou

Parmi ces parasites responsables du mildiou, on distingue plusieurs genres:

– le Phytophthora infestans pour les Solanacées,

– le Plasmopara viticola pour la vigne,

– plusieurs espèces de Peronospora sur les plantes maraîchères.

 

Ces parasites sont présents dans le sol, dans des déchets végétaux, sur des plantes hôtes sous forme de spores ( oospores) ou de mycélium.

Sous l’action de la chaleur et de l’humidité, les spores vont germer et les parasites se développer à l’intérieur des tissus végétaux grâce à des suçoirs envoyés à l’intérieur des cellules. Puis les organes reproducteurs ( les spores) apparaissent par les stomates ( orifices qui permettent les échanges gazeux entre la plante et l’air)à la surface inférieure des feuilles. C’est ce qui forme ce duvet fin et blanc. De ce duvet vont s’échapper les spores qui provoqueront une extension rapide de la maladie, la pluie, le vent et les arrosages favorisant cette dispersion.

Des pluies abondantes et donc un taux d’humidité élevé, des températures supérieures à 16°C sont les causes principales du développement du mildiou.

 

oïdium sur courgetteLes symptômes observés:

Sur les feuilles apparaissent des taches irrégulières, brunes et huileuses. L’extension de ces taches est très rapide surtout si les conditions de développement leur sont favorables. Les parties atteintes vont devenir brun foncé et se dessécher. La maladie va se poursuivre en attaquant les tiges et les fruits: tiges brun foncé, tomates présentant des taches vert brunâtre ou jaune marbré, pomme de terre avec des taches brunes grisées qui vont gagner en profondeur et aboutir au pourrissement du tubercule.

S’il n’y a aucune intervention, la disparition de la plante peut se faire en quelques jours!

 

Les moyens de lutte:

Il n’existe aucun traitement curatif. Seule la prévention et une intervention en début d’attaque peuvent empêcher une destruction complète.

 

La prévention: quelques règles à observer.

– éviter de planter tomates et pommes  de terre dans des endroits humides ou mal aérés,

– éviter les apports excessifs de fertilisants riches en azote,

– pratiquer la rotation des cultures et attendre 3 ans avant de remettre des Solanacées. A ce propos, certains disent que l’on peut laisser les tomates au même endroit plusieurs années de suite. Ceci est sûrement valable quand on a un jardin où le mildiou ne sévit jamais, ou bien si on cultive sous serre.

– choisir des variétés plus résistantes au mildiou,

– essayer des traitements préventifs:

  1. qui renforcent les défenses naturelles en arrosant ou en pulvérisant

soit avec un mélange de décoction d’extraits d’algues et de purin d’orties,

soit avec une décoction de prêle ( 50g par litre et dilution à 1/5)

  1. qui modifient l’acidité naturelle des feuilles

avec une solution de bicarbonate de soude 5g/l additionnée de savon noir

3 qui ont une action fongicide

en utilisant des huiles essentielles d’origan ou de sarriette,

en pulvérisant une infusion d’origan, de thym, de sarriette, de serpolet ou de sauge,

– créer un abri pour les tomates pour éviter qu’elles soient mouillées par la pluie,

– pailler,

– étaler des orties hachées en surface,

– arroser au pied sans mouiller les feuillages,

 

La lutte en début d’attaque:

Dés les premiers symptômes:

– enlever les feuilles atteintes ( et les brûler) même si les taches sont minimes,

– traiter à la bouillie bordelaise. C’est un traitement autorisé en agriculture biologique et c’est le plus efficace actuellement. Ne pas hésiter à diviser la dose prescrite par 2. La bouillie est tout de même toxique pour les plantes et pour les organismes vivants dans le sol. On ne traitera donc qu’en cas de 1ère attaque ou préventivement si les conditions sont favorables au développement de la maladie.

 

Des expérimentations visant à stimuler le développement de la microfaune présente sur les plantes sont étudiées. Obtenus par fermentation, les micro-organismes apportés lutteraient contre les parasites. C’est ce que font les Chinois en pulvérisant de l ‘eau sucrée ( 2 c à café pour 4,5l d’eau) et ce que l’on expérimente en pulvérisant un extrait aqueux de compost.

 

Enfin, il faut savoir que si la température dépasse 30°C, la maladie va régresser, ce qui n’arrive pas souvent chez nous!!!

 

 

L’oïdium.oïdium sur dahlia

 

On l’appelle souvent la maladie du blanc. Elle peut apparaître aussi bien sur les arbres et les arbustes que sur la vigne, les plantes d’ornement et les légumes. Au potager, l’oïdium est fréquent sur les Cucurbitacées, les Solanacées, les laitues, les petits pois…

Les responsables de l’oïdium sont des champignons ascomycètes. Il en existe 4 genres et au sein de chaque genre de nombreuses espèces qui parasitent les végétaux de façon spécifique.

Comme pour le mildiou, ces champignons développent des suçoirs qui pénètreront à l’intérieur des cellules et y prélèveront les substances nutritives.

 

Les conditions d’apparition de la maladie:

L’oïdium peut se développer même par temps sec si le taux d’humidité voisine les 70à 80%. Cela peut se produire:

– en début de saison, aux premières chaleurs, lorsque l’humidité est encore importante;

– lorsque les différences de température sont importantes entre le jour et la nuit;

– lorsqu’il y a beaucoup de rosée le matin avec une chaleur douce;

 

Les symptômes observés:

On observe en premier lieu sur les feuilles un feutrage farineux, blanc ou blanc-grisâtre qui peut se développer sur toutes les autres parties de la plante: tiges, bourgeons, fleurs, fruits.

Ensuite, avec l’extension du feutrage, les parties atteintes vont se déformer et finir par sécher ou par éclater quand il s’agit des graines ou des tiges. La végétation sera ralentie et la croissance ou les récoltes compromises surtout si l’attaque a eu lieu sur des plantes en début de végétation, l’oïdium se développant facilement sur les jeunes feuilles .

De plus l’éclatement des tiges ou des fruits peut favoriser le développement d’autres maladies.

Sur les Cucurbitacées, lorsque l’attaque a lieu vers la fin de la saison, la production n’est pas atteinte et il suffit de supprimer les feuilles atteintes.

 

Les moyens de prévention:oïdium sur tomate

– favoriser l’aération en ne plantant pas trop serré, en aérant les serres et les tunnels;

– éviter les amendements trop riches en azote, le compost étant préférable au fumier;

– choisir des variétés résistantes;

– nettoyer autour des plantes pour éviter l’humidité stagnante;

– supprimer les parties atteintes, ce qui ralentira la transmission de la maladie;

– pulvériser avec certains des traitements comme on va le voir plus loin.

 

Les moyens de lutte:

Des traitements préventifs ou à utiliser dès les premiers signes d’attaque:

 Des traitements qui n’ont pas d’impact sur la faune et sur la fertilité du sol:

Le traitement au lait: un mélange de 1 dl de lait écrémé ou de petit lait pour 9 dl d’eau à vaporiser sur le feuillage. Ne pas utiliser de lait entier, trop gras, et ne pas dépasser les proportions pour ne pas activer d’autres champignons.

Le purin de prêle;

L’ infusion d’ail à laquelle on ajoute du lait pour favoriser l’adhérence du produit;

Le bicarbonate de soude NaHCO3 ou le bicarbonate de potassium KHCO3 sont préventifs dans la mesure où ils empêchent la germination des spores. On les utilise en pulvérisation ( 5g/l d’eau avec une cuillérée à café de savon noir). Ils sont sans danger pour la faune du sol et pour les pollinisateurs.

La décoction de racines d’orties: 100g/l à macérer 24h et à utiliser pure.

 

Des traitements efficaces mais ayant une action négative sur la faune ou la fertilité du sol:

Le soufre: c’est le plus utilisé en prévention ou en début d’attaque. Même s’il est autorisé en agriculture biologique, il faut savoir qu’il est irritant pour les voies respiratoires sous la forme soufre-fleur car il s’utilise en poudrage, qu’il est toxique pour les auxiliaires et qu’il ne faut pas l’employer pendant la période de pollinisation. Si la température dépasse les 25°C, il peut occasionner des brûlures sur les végétaux. Il faut respecter les dosages indiqués car le surdosage n’agit pas mieux.

L’eau de Javel, un traitement préventif ou curatif très efficace notamment sur les rosiers mais qui détruit la faune et la flore du sol et en diminue la fertilité. Si vous l’utilisez, posez une bâche absorbante sur le sol avant. (12ml/l d’eau à pulvériser quand le soleil est absent).

 

 Thérèse Perrot 

3 septembre 2016

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