le théâtre de Minack,

 

PACIFIC vs CHANNEL !

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Beau défi pour ce mardi 31 mai 2016 : assister à la représentation de la comédie musicale « South Pacific » dans un site inattendu, le théâtre de Minack, au bord du Channel.

 

N’allez pas vous imaginer un édifice élisabéthain guindé ! Non ! Nous sommes ici en plein air, dans ce qui s’apparente davantage à un théâtre antique ouvert sur la mer, avec scène en bord de falaise et hémicycle de gradins en partie gazonnés épousant un relief favorable. Et l’on y pique-nique même, avant le début du spectacle !

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Plantons le décor. Face à nous, spectateurs prévoyants et repus, équipés pour une traversée transatlantique dans la tempête, s’étend une mer calme d’un bleu-vert méditerranéen. Une petite brise vespérale et quelques formations nébuleuses ténues complètent le tableau pour nous faire mieux apprécier encore la quiétude colorée de ces dernières heures du jour… Superbe… Mais… Chut ! « The show will start now ! »

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Au programme, donc, « South Pacific ». C’est une œuvre culte pour nos amis anglo-saxons. Vous voulez des preuves ? En voici : à Wadebridge, quelques-uns d’entre nous se faisaient photographier par une dynamique et serviable sexagénaire du cru. On évoqua le spectacle du soir et qu’advint-il ? La dame entonna joyeusement l’un des « lyrics » de la pièce et il n’aurait pas fallu la pousser beaucoup pour qu’elle se mît à danser ! Un peu plus tard, nous visitions un jardin. Que croyez-vous qu’il arriva ? La propriétaire, touchée par la même frénésie, interpréta à son tour l’entame d’un des airs à succès ! Et mon petit doigt m’a dit que Bidou elle-même, sentimentale en diable, en connaissait tous les airs : ils bercèrent sa jeunesse romantique !

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« South Pacific » est en effet une comédie musicale propre à émouvoir nos gentes dames et à provoquer le regard bienveillant des gentlemen. Voyez plutôt l’argument :

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C’est la seconde guerre mondiale, nous sommes dans une base américaine en plein Pacifique. Tandis que Luther, soldat impulsif et roublard, organise les distractions des marins, l’infirmière Nelly tombe amoureuse du planteur français Emile. Celui-ci a déjà deux enfants métis, nés d’une première liaison. Par préjugé racial ambiant, Nelly se détourne d’Emile. Apparaît un fringant lieutenant américain, Joe. Il s’éprend de la jeune Liat, laquelle est au demeurant poussée dans ses bras par sa mère, Bloody Mary… Vous suivez toujours ? Emile et Joe partent en mission d’espionnage dans les lignes japonaises. On les croit morts en opération. Notre infirmière, repentante, se résout à élever les deux enfants d’Emile. Et… coup de théâtre final : tandis que le beau lieutenant a bel et bien laissé sa vie au combat, Emile, le Français, revient miraculeusement sain et sauf ! Désespoir et joie mêlés, mais le happy end est garanti : Nelly et Emile couleront avec les deux enfants des jours heureux dans un monde pacifié !

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Scénario efficace, musique américaine typée, interprètes convaincants, danses entraînantes… tous les ingrédients d’une bonne soirée étaient là. Quelques mots de français dans le texte : « Dites-nous pourquoi la vie est belle… » chantent les enfants d’Emile. Marcel Proust et André Gide sont sur les rayons de la bibliothèque d’Emile… Pour ceux d’entre nous qui n’étaient pas bilingues, le handicap ne fut pas insurmontable ! « Love is a great and beautiful thing » se comprend aussi aisément ! Et puis, si nos esprits vagabondèrent parfois, le cadre était tellement agréable !

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Oui, vraiment, ce fut une magnifique soirée !

 

 

 

Daniel PERROT
31 mai  2016
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