Réussir ses semis.

 

Les conditions de réussite

Des conditions propres à la graine.

Des graines bien conservées

La durée de vie des graines est aussi fonction de la façon dont elles ont été conservées. En moyenne entre 2 et 10 ans.

Lorsqu’il vous reste des graines, n’hésitez pas à les congeler dans des petits sachets. Elles garderont toutes leurs qualités germinatives.

Si vous avez  gardé vos graines simplement dans leur sachet, faites des essais de germination à la maison en janvier avant d’en commander d’autres. Vous faites tremper les graines 12 heures, puis vous les mettez sur du papier absorbant entre 2 assiettes creuses à 20°C. La germination intervient rapidement.

Des graines arrivées à maturité

Pour se développer, l’embryon doit avoir à sa disposition des éléments nutritifs contenus dans l’enveloppe de la graine. Si elle a été récoltée trop tôt, ces éléments nutritifs seront insuffisants.

La dormance

C’est le temps de repos dont beaucoup de graines ont besoin avant de germer. On peut la considérer comme une adaptation de la plante à son milieu. Pendant le temps de dormance, des facteurs inhibiteurs bloquent la germination.

Chez certaines graines, la fin de la dormance ne pourra se faire qu’après un traitement particulier. C’est le cas des graines qui ont besoin de passer par un froid intense avant de lever: c’est ce qu’on appelle la vernalisation ou la stratification. Parmi ces graines, citons les graines de Cyclamens, les noyaux des arbres fruitiers… Les graines des bisannuelles telles carottes, betteraves, pensées germeront mieux si elles ont été stratifiées.

Certaines graines germeront mieux si elles ont été trempées pendant 24h, comme le persil, les carottes, les tétragones, les pois de senteur… car leur enveloppe laisse difficilement passer l’humidité.

Des conditions externes

La température

Pour germer les graines ont besoin de chaleur. Mais toutes ne germent pas à la même température.

Une température trop basse bloque la germination et les graines risquent de pourrir. De plus, si la germination est trop longue, les jeunes plants risquent d’être plus fragiles et donc sensibles aux maladies et aux ravageurs.

Quelques températures minimales pour les plantes du potager:

-8-10°C pour les betteraves, le cerfeuil, les épinards, les navets, les oignons, le persil si les graines ont été trempées 24h, les radis,

-10-12°C pour les carottes, les bettes, les choux, les endives, les pois, les salades,

-10-15°C pour les laitues, les fenouils, les poireaux,

-15-18°C pour les céleris, les concombres, les haricots les melons, les tomates,

-18-20°C pour les aubergines, les choux brocolis les courges, les poivrons,

-20-25°C pour le basilic,

Quelques températures optimales pour des fleurs:

-13-15°C pour les Cyclamens

-15-20°C pour les Monardes, pour les Tagètes, les Chrysanthèmes,

-18°C pour les Gauras, les Pétunias,

-20-25°C pour les sauges, les Cosmos,

 

Le temps de levée est variable selon la plante et la température. Certaines graines vont germer en 4 à 10 jours, alors que d’autres germeront en 1 mois. Si la température est plus élevée, le temps de germination peut être beaucoup plus rapide.

 

 

La terre

Le semis s’effectue sur une terre ameublie, donc aérée, et enrichie. Plus les graines sont fines, plus la terre doit être émiettée. Elle doit aussi être suffisamment chaude.

Pour les semis sous abri, on pourra utiliser du terreau de semis ou un mélange de terre et de terreau. Attention aux terreaux de semis, leur qualité peut être très variable!

 

L’humidité

L’arrosage doit être régulier afin de maintenir le taux d’humidité. Si les graines sont fines, il faut arroser délicatement pour éviter qu’elles s’enfoncent dans le sol ou qu’elles changent de place.

De plus, un arrosage brutal favorise la formation d’une croûte néfaste à la levée.

Si vous semez en période de sécheresse, il faut arroser abondamment le fond du sillon la veille, arroser juste après le semis, pailler légèrement et être très régulier sur l’arrosage. Dès que les graines lèvent, il faut renforcer le paillage.

La lumière

En général, les graines ont besoin d’obscurité pour germer mais les plantules auront vite besoin de lumière. Il est donc important de ne pas trop les enterrer. Certaines se sèment même en surface comme les céleris, les laitues, les chicorées, les Lobélias, les Impatiens… Par contre les Cyclamens germent dans le noir complet mais doivent être mis à la lumière dès qu’ils lèvent.

 

Le respect de ces 4 critères ( température, terre, humidité, lumière)doit permettre une germination rapide qui permet d’obtenir des plantes en bonne santé et résistantes.

 

Le semis en pleine terre1 Un cordeau bien tendu

La préparation.

On commence par préparer la terre en retirant les restants de paillis pour permettre à la terre de se réchauffer et de s’assécher. Il est possible d’accélérer le réchauffement en étalant un plastic noir sur le sol pendant quelques temps, ou bien en étalant du compost mûr au fond du sillon, ou bien en couvrant la parcelle avec un tunnel plastique. Si on enlève les paillis juste avant de semer, il vaut mieux utiliser un balai à feuilles qui enlèvera les brindilles sans les mélanger à la terre du dessous.

 

Des rangs fins et droits.

Pour faciliter le désherbage et l’installation de paillis, il est plus facile de semer droit et fin. Vous pourrez ensuite entretenir les plantes avec un sarcloir, ce qui est plus rapide qu’un désherbage manuel.

Après avoir tendu fortement le cordeau, creusez le sillon en coinçant la serfouette dans le fil.2 Attention à la profondeur du sillon

Attention à la profondeur. En général, les graines doivent être couvertes de terre d’une fois et demie leur taille. Mais on sème plus profond les pois, les haricots, le maïs (3cm), les fèves (jusqu’à 10cm si vous semez en décembre).

Ensuite semez:

– en lignes continues. Si les graines sont fines, on peut utiliser une boîte de semis. On peut aussi mélanger les graines avec un peu de sable ou de marc de café, ce qui permet d’obtenir un semis moins dense .. Ensuite on recouvre le sillon de terre fine ou de terreau à semis. Certains semis comme les carottes ou la mâche demandent à être plombés avec le dessus du râteau. Pour finir, on arrose avec délicatesse si c’est nécessaire, et si l’espace entre les rangs est large, on peut pailler en laissant découvert les semis. Sinon, on paillera lorsque les plantules seront assez développés.

L’été, pour éviter le desséchement et la formation d’une croûte, il faut couvrir votre semis avec un paillis très léger comme des frondes de fougère aigle fraîches si le sol est limoneux ou sableux. Si la terre est argileuse, on peut recouvrir les graines de compost bien décomposé mélangé à du terreau  pour semis.

 

– en poquets. On sème de cette façon les légumes qui ont besoin d’espace tels les haricots, les courges, les concombres et cornichons. Mais on peut aussi semer ainsi les bettes, les betteraves, les panais… Cela permet d’utiliser moins de graines qu’avec le semis en ligne continue. L’espace entre les poquets est fonction du développement futur du légume semé. Quand les plantules auront de vraies feuilles, vous supprimerez ou repiquerez les plants en trop.

Il semblerait que les graines semées en groupes germent mieux.

 

– à la volée. Cela convient pour les graines qui ont à peine besoin d’être couvertes et plus ou moins plombées. Le désherbage n’est pas facile et le paillage impossible. On sème ainsi la mâche, les engrais verts. Après avoir semé les graines, on passe superficiellement le râteau sans remonter la terre fine. Par temps sec, on arrose régulièrement.

 

Remarques:

– Il faut tenir compte de la nature du sol.

Si le sol est sableux, l’arrosage doit être fréquent.

Si le sol est argileux, il faut ajouter du compost bien décomposé à la terre de surface, ce qui apportera de meilleures conditions d’humidité et d’aération.

Si le sol est limoneux, il faut couvrir le semis de paillis pour éviter une croûte, paillis qui sera écarter dès la germination pour éviter de voir les plantules filer vers la lumière.

 

– Si vous semez plusieurs plantes côte à côte, pensez aux plantes compagnes. Certaines peuvent empêcher la germination de leur voisine ou gêner leur développement.

 

– Pour les semis de printemps ou d’automne quand la chaleur n’est pas encore suffisante, et que ce soit en ligne ou en poquets, vous pouvez abriter vos semis sous voile de forçage directement posé sur le sol ou installer un tunnel plastique ou poser des cloches sur les poquets. Cela hâtera la germination. Pensez à bien surveiller le taux d’humidité car le sol peut sécher plus rapidement, la pluie ne pénétrant pas sous les plastiques!.

 

– Il ne faut pas oublier de mettre des étiquettes.

 

– Pour repérer les rangs et éviter un sarclage intempestif, on peut soit mettre des petits piquets à chaque bout du sillon, soit mélanger les graines avec des graines de radis qui lèvent plus vite et que l’on récoltera avant le complet développement des autres plantes.

 

– Le faux semis: 15 jours avant de semer, préparez le terrain et arrosez. Les adventices de saison auront germer. Vous n’aurez plus qu’à sarcler en surface et à semer.

 

 

Le semis sous abri

Plusieurs possibilités

sous châssis

froid: il n’a reçu aucun apport de fumier chauffant,

tiède: on apporte du fumier de bovin ou d’ovin moins chauffant que le fumier de cheval, ou bien un fumier de cheval frais coupé de broyat de feuilles mortes.

Le châssis doit être orienté au sud.

On peut utiliser le châssis uniquement pour produire des plants à repiquer ou l’utiliser pour cultiver en place des légumes primeurs. Tout dépend de sa taille.

L’utilisation d’un châssis demande une attention constante. Il faut veiller à l’aération quand le soleil chauffe et à mettre une protection la nuit si le risque de gelée est important.

 

en terrine  3 Semis en terrine

Cela permet de déplacer les semis selon la température: à la maison, dans la serre, sous le châssis.

Dans un récipient perforé d’une dizaine de cm de haut rempli de terreau de semis, on trace des sillons peu profonds. On place les graines une par une en les espaçant de 1à3cm selon les plantes. Puis on recouvre de terreau et on tasse légèrement avec une planchette ou le plat de la main. On arrose en pulvérisant par un jet vertical pour ne pas déplacer les graines. Ensuite on peut couvrir avec un film étirable perforé ou enfermer la terrine dans un sachet plastique. Il faut surveiller la condensation qui se forme sur le sachet.

Ce procédé est utilisé pour produire des plants à repiquer en godets. On effectue ce premier repiquage dès que les plants ont 2 vraies feuilles. Il ne faut pas trop attendre car les racines ont peu de place pour se développer et vont donc se mélanger. Pour le persil, le basilic, les Lobélias, on peut repiquer en touffe, les plants étant difficiles à isoler.

 

L’utilisation de terrine dont le fond est perforé permet un arrosage par le fond. On place cette terrine dans un bac un peu plus grand et on arrose uniquement en versant de l’eau dans le bac. L’eau remonte par capillarité. Attention cependant à ne pas noyer la terre.

Si le fond de la terrine n’est pas perforé, le taux d’humidité est plus difficile à gérer.

 

Plutôt que de couvrir les terrines, on peut aussi se fabriquer des mini-serres avec des barquettes à fraises ou des bouteilles plastiques.

 

                dans la serre ou la véranda

en godets, en plaque alvéolées

On peut utiliser toutes sortes de petits récipients pour produire des plants en mottes qui pourront soit être mis en place de suite comme pour les salades, les courgettes..;, soit repiqués une première fois en godets plus grands comme pour les tomates.

Le choix de la taille est fonction de la taille de la graine, de la taille de la plantule avant ses premières vraies feuilles, de la nécessité d’effectuer un premier repiquage sous abri.  4 Semis sur plaque alvéolée  5 Semis de laitues  6 Semis sur grande plaque

Ces plaques ou ces godets seront placés dans un bac et l’arrosage se fera par capillarité comme pour les terrines.

L’avantage de ce procédé est de ne pas faire subir un stress trop important aux jeunes plantules lors du premier repiquage car on dérange moins les racines.

Il est indispensable d’utiliser semer ainsi les plantes qui développent un pivot comme les pavots, les lupins…

Après avoir légèrement tassé le terreau avec le plat de la main ou en tapotant les godets sur un plan dur, vous placez une ou deux graines dans chaque contenant. Vous couvrez légèrement ou non de terreau et vous pulvérisez à la verticale en pluie fine.

Dès la levée, vous ne conservez qu’un pied par alvéole.

 

en utilisant un câble chauffant   7 Semis sur plateau chauffant

Il faut disposer d’un plateau couvert d’une bâche retenant l’eau. On étale une couche de sable ou de terre, on installe le câble en serpentin et on recouvre de terreau à semis. Ensuite on arrose abondamment ce qui permettra à la chaleur de se diffuser. Il faudra maintenir le taux d’humidité tout au long de la culture en versant de l’eau sur les bords (pour ne pas déranger les graines).

Ensuite, vous pouvez semer directement en sillons, ou bien poser les plaques d’alvéoles et les godets que vous enfoncez un peu dans la terre pour que la chaleur remonte dans ces petits containers.

L’arrosage du substrat du fond est complété par des pulvérisations en surface journalières à la verticale.

Avec un câble chauffant, on peut faire ses semis dans une serre non chauffée maintenus hors gel. S’il fait très froid, on peut mettre un voile de forçage sur les semis.

Il faut surveiller la levée des graines. Certaines auront besoin de rester à la chaleur car se développant lentement. Par contre comme les laitues, il ne faudra pas les maintenir trop longtemps au-dessus du câble car les plants s’étiolent au lieu de grossir.

 

Les soucis rencontrés

1 Les limaces

Elles peuvent être responsables d’une absence de levée , soit parce qu’elles ont rongé les graines, soit parce qu’elles ont dévoré la minuscule plantule avant que nous ne l’ayons vue!

Ne pas hésité à mettre du Ferramol tout autour des lieux de semis.

 

2 La fonte des semis: voir sur le site la conférence de février 2014.

 

Semis en hiver

Voir sur le site la conférence de décembre 2014.

 

Balades et Jardins Thérèse PERROT 2 Avril 2016

 

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